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Afrique

L’Afrique face au Covid-19: Malgré la baisse de contamination ces derniers jours, l’OMS exhorte d’accélérer la vaccination.
Écrit par Berger Media - Publié le 24/07/2021
  

 

C’est une course de vitesse qui est engagée sur le continent. Face à la virulence d’une troisième vague de la pandémie de SARS-CoV-2, portée par la lame de fond du variant Delta, il faut « accélérer de toute urgence le rythme de la vaccination », a averti la docteure Matshidiso Moeti, directrice du bureau africain de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), jeudi 22 juillet, lors de son point presse hebdomadaire. Le variant Delta, le plus contagieux de tous, a désormais été détecté dans 26 pays sur 55.

Bien que l’Afrique ait enregistré une légère baisse des contaminations de 1,7 % ces derniers jours, « il ne faut pas se bercer d’illusions », insiste Mme Moeti. Car l’Afrique subit depuis « huit semaines une recrudescence très forte de la pandémie », qui continue de se traduire par une hausse des décès de 12 % cette semaine, après une flambée spectaculaire de 43 % la semaine précédente.

L’arrivée de plusieurs livraisons de vaccins par le mécanisme de solidarité internationale Covax, les commandes réalisées par l’Union africaine (UA) et les dons « devraient permettre aux différents pays de vacciner leur population cinq à six fois plus rapidement », explique la directrice du bureau Afrique, seul moyen d’« atteindre l’objectif de 10 % de couverture vaccinale d’ici à septembre ».

A l’heure actuelle, seulement 1,39 % du 1,3 milliard d’Africains sont complètement vaccinés. Dans un tel contexte, la fête musulmane de l’Aïd, célébrée par presque la moitié du continent, ainsi que les émeutes en Afrique du Sud, qui pèse à elle seule plus du tiers des contaminations continentales, pourraient se traduire par une circulation accrue du virus. L’Afrique compte près de 6,4 millions de personnes contaminées et 161 638 morts, ce qui représente respectivement 3,3 % et 3,9 % des chiffres mondiaux.

 

En Afrique du Sud, l’espérance de vie a baissé de quatre ans.

C’est le nombre d’années d’espérance de vie que les Sud-Africains ont perdu durant ces douze derniers mois de crise sanitaire, selon Statistics South Africa, l’agence nationale de statistique. L’Afrique du Sud est le pays le plus touché du continent par la pandémie avec 2,3 millions de cas d’infection et 68 625 décès dus au Covid-19 au 23 juillet. Il a connu deux vagues meurtrières entre juillet 2020 et juin 2021 et en traverse actuellement une troisième sans commune mesure.

Une situation qui a entraîné une hausse du taux brut de mortalité de 8,7 à 11,6 décès pour 1 000 personnes (+ 34 %), de 2020 à 2021, indique Statistics South Africa dans son rapport, faisant chuter l’espérance de vie « de 62,4 ans en 2020 à 59,3 ans en 2021 pour les hommes et de 68,4 ans en 2020 à 64,6 ans pour les femmes ». L’agence de statistique a toutefois souligné que l’indicateur d’espérance de vie ne devait pas être interprété comme une projection de la durée de vie d’un individu, mais qu’il montrait plutôt le poids cumulé de la crise pandémique.

AU NIGERIA, L’INQUIÉTUDE GRANDIT

L’inquiétude grandit au sujet du Nigeria. Le pays le plus peuplé du continent avec près de 220 millions d’habitants a connu une augmentation de 64 % des cas de contamination ces quatre dernières semaines, où le variant Delta a été détecté il y a seulement quinze jours. Abuja redoute un scénario à l’indienne, a expliqué le ministre nigérian de la santé, le docteur Osagie Ehanire, invité jeudi du point hebdomadaire du Centre africain de prévention et de contrôle des maladies (CDC Africa).

La fulgurance avec laquelle la situation a dégénéré en Inde oblige les autorités sanitaires à une surveillance scrupuleuse de la circulation du virus, notamment à Lagos, où se concentrent selon certaines estimations près de 15 millions d’habitants. « Nos défis sont immenses, a reconnu le ministre, tant sont grandes les insuffisances de notre système de santé et les inégalités sociales. »

 

Le Nigeria, qui n’a pu vacciner que 2 millions de personnes, attend la livraison d’ici à septembre de quelque 40 millions de vaccins, dont 29 millions du monodose Johnson & Johnson dans les prochains jours, que les autorités souhaitent administrer dans les plus brefs délais lors de vastes campagnes de vaccination.

 

DES VACCINS « MADE IN AFRICA »

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa s’est félicité mercredi de la conclusion d’un accord entre les laboratoires Pfizer et BioNTech et l’entreprise sud-africaine Biovac pour la production d’un vaccin contre le coronavirus SARS-CoV-2 dans la ville du Cap. « Ce partenariat est une percée dans nos efforts pour surmonter l’inégalité mondiale face aux vaccins, véritable apartheid vaccinal », a déclaré M. Ramaphosa.

Il a rappelé que « la protection des Africains est une contribution nécessaire et vitale à la protection de l’humanité tout entière ». En vertu de cet accord, Biovac effectuera la mise en flacon du vaccin livré par les deux laboratoires, afin de distribuer à terme plus de 100 millions de doses par an aux pays de l’Union africaine (UA).

« C’est le seul moyen de garantir l’accès de l’Afrique au vaccin, maintenant et à l’avenir », a réagi Strive Masiyiwa, envoyé spécial de l’UA pour l’acquisition de vaccins, emboîtant le pas du président Ramaphosa, qui a reproché à plusieurs reprises aux pays riches d’accaparer les doses. Le milliardaire zimbabwéen, invité du CDC Africa jeudi, a insisté sur le fait que le continent « devait cesser de dépendre des autres et développer ses propres structures ».

 

Nouer des partenariats Nord-Sud

Depuis plusieurs mois, l’organisation panafricaine travaille avec plusieurs pays africains possédant une industrie pharmaceutique pour nouer des partenariats Nord-Sud afin que le continent puisse fabriquer d’ici à 2040 environ 60 % des vaccins nécessaires à la protection de sa population, toutes maladies confondues.

 

Le Sénégal, le Maroc, l’Egypte et l’Algérie ont déjà signé des accords de transfert de technologies avec l’Union européenne, les Etats-Unis, la Chine ou la Russie. « Nous devons apprendre des crises Ebola et Covid et avoir absolument notre propre approche, a conclu M. Masiyiwa. Sans quoi, à la prochaine pandémie, rien n’aura changé. »

 

DES PÉNURIES D’OXYGÈNE…

Le continent se trouve confronté à de fortes pénuries d’oxygène médical, dont la demande n’a jamais été aussi élevée. D’après des chiffres de l’OMS, on estime qu’elle est actuellement en moyenne de 50 % supérieure à la demande observée à la même période en 2020. Pour exemple, le ministre de la santé tunisien, dont le pays est touché par une violente quatrième vague, indiquait mardi que la consommation d’oxygène du pays avait été multipliée quasiment par dix, passant de 25 000 litres par jour en temps normal à 230 000 litres.

Mais l’offre peine à suivre. Après une évaluation rapide dans six pays africains, l’agence onusienne avait révélé que seulement 27 % de l’oxygène nécessaire étaient produits par les pays africains et s’était décidée à faire du « renforcement de la production d’oxygène médical l’une de ses priorités ».

 

Ces dernières semaines, l’OMS a donc aidé le continent à la « commande sur le marché global d’oxygène liquide et de cylindres de stockage, ainsi qu’aux réparations de plusieurs centrales de production, notamment au Nigeria, en Mauritanie, en Ouganda et en République démocratique du Congo (RDC) », a fait valoir jeudi le docteur Thierno Baldé, responsable adjoint des interventions d’urgence à l’OMS.

 

Des partenariats locaux et sous-régionaux ont aussi été noués entre les pays pour redistribuer la production, à l’instar du Kenya pour l’Ouganda. Enfin, des équipes médicales internationales mobiles sont déployées pour prendre en charge les cas les plus critiques, notamment dans le sud du continent (RDC, Ouganda, Namibie, Botswana).@LM

 

 

 

Article publié et mis en ligne par berger-media.info
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