|    Facebook    |    Devenir Membre   |   Webmail   |

Politique

RDC : La Consultation Nationale, une tempête dans un verre d’eau ?
Écrit par Berger Media - Publié le 13/11/2020
     

 

La Consultation Nationale actuelle n’a rien d’égal avec les Consultations Populaires de feu le Maréchal MOBUTU, avec au secrétariat, des sommités de la trempe de Edouard Mokolo wa Pombo, lesquelles rendirent plus que célèbre le prélat catholique Mgr Laurent Mosengwo Pasinya avec un Mémo divulgué au titre d’un vrai Scoop par Jeune Afrique.

 

Il s’ensuivit, on s’en souvient, le message non équivoque de James Baker III alors Secrétaire d’Etat américain sous administration H.W.Bush qui, au fait de volonté populaire à la base, pria le Président Mobutu à quitter sans délai le pouvoir, après moult années d’indéfectible soutien pour bons, loyaux et nombreux services, faiseur des rois devant l’Eternel à l’époque de la guerre froide.  

 

La Glasnost et la Perestroïka, tels des typhons ravageurs, faisaient tomber tous les fruits, verts, mûrs ou pas mûrs. Celui qui jadis avait parlé d’ouragan de l’histoire s’en était enfin souvenu. Preuve que le temps était un allié dont il fallait se méfier.

 

C’est donc larmes à l’œil avec émotion qu’il dût prendre congé du tristement célèbre Parti-Etat que fut le M.P.R. avec pour concepteur, entre autres feu le Patriarche Etienne Tshisekedi wa Mulumba, ouvrant l’espace politique à un pluralisme politique à deux, puis à trois,  intégral au finish.

 

Ainsi qu’à un pluralisme syndical, avec le certificat de décès à l’UNTZA, l’Union Nationale des Travailleurs du Zaïre sous Georges Kombo Tonga Booke s’étant permis à l’époque du monolithisme syndical d’exproprier Dokolo Sanu jusqu’à ses biens meubles et immeubles, en ce compris ses banques.

 

La Consultation Nationale est donc ici le fait de son seul géniteur qui en détient tant les tenants que les aboutissants. En français plutôt facile, ça n’engage que lui et lui seul et non l’ensemble du peuple Congolais.

 

Cela est d’autant plus vrai que tant le format, les objectifs que les termes de référence ne sont que de lui, prince héritier de la divine lumière sertie des loges platoniciennes où les ombres peuvent être prises pour de la lumière vive.

 

Il ne s’agit pas ici des loges initiatiques de type maçonnique, sauf pour ceux qui, illuminés par l’étincelle divinatoire, croient que le monde, telle une pierre, roule à leur guise.

 

Tous à la table d’une Union voulue « Sacrée », mais « sucrée » à la sauce mille fois ressassée par tout tyran en devenir, « le salut du peuple est la Loi suprême », faisant croire qu’il s’agit avant et après tout de privilégier les intérêts du peuple, « le peuple d’abord », ce phantasme des temps nouveaux.

 

En langage plus facile que le langage facile, la Consultation à l’emporte-pièce sur un saut d’humeur n’engage que lui, son concepteur et lui seul, et non le peuple congolais dans sa globalité. Ce qui en sortira ne relèvera en aucune façon du consensus, entendu en termes de la représentativité la plus large, mais de la volonté du prince, pour emprunter un terme cher à Machiavel !

 

Il y a peu, un professeur célèbre en politologie de l’Université de Liège en Belgique d’où est née la constitution actuelle et qui a ses racines auprès de Louis Michel, tristement célèbre pour ses fourrages de nez dans les affaires congolaises sur fond d’intérêts tutsi-rwandais, s’est fait éconduire lorsqu’il a cru utile de jeter, une de fois de plus, les jalons d’un nouveau dialogue face à ce qui s’apparentait à une crise latente.

 

Il s’était fait rabrouer comme un malfrat malpropre par un Haut Représentant du Chef de l’Etat, tomate à la salade qui eût cru qu’il était de bon ton de le gloser de tous les qualificatifs dont seuls les végétariens détiennent les secrets.

 

C’est dire qu’en Août et Septembre 2020, un Dialogue était impossible, mentalement et politiquement impensable. Pour tout dire : « Sans objet » !

 

Ceci est conforté par le fait, qu’outre la Constitution dont les racines Liégeoises des plus empoisonneuses lient la République Démocratique du Congo depuis Sun City, l’on peut, sans risque de se tromper affirmer, que le texte le plus important qui lie la République Démocratique du Congo au plan continental reste l’Accord-cadre pour la Paix, la Sécurité et la Coopération pour la République Démocratique du Congo et la région (Addis-Abeba, 24 Février 2013),repris et complété par la Résolution 2098 du Conseil de Sécurité des Nations Unies.

 

Quant au « deal », il demeure un fait avéré. Avec toutes les conséquences d’un arrangement occulte, syncrétique. Autrement dit, ce qu’un Chef d’Etat aurait signé alors qu’il ne l’était pas encore, en vue de conquérir le pouvoir (ou de l’obtenir) en contrepartie des clauses personnelles pour des intérêts égoïstes de jouissance ne l’engagent que lui, une fois de plus, que lui seul.

 

Il ne saurait donc, sous quelque prétexte que ce soit, prétendre vouloir s’en défaire et le renier au nom d’un prétendu salut du peuple devenu subitement la loi suprême, le peuple dont on se targue le titre de défenseur n’ayant jamais été consulté préalablement ou a posteriori par le défenseur autoproclamé.

 

L’homme politique a l’obligation d’assumer ses actes, de respecter ses engagements et autres « deals », de les assumer, d’en tirer toutes les conséquences et au besoin, d’en payer le prix, même le prix fort.

 

En aucune manière, un deal signé en catimini dans un gentleman agreement ne doit être dénoncé ou désavoué au nom d’un supposé salut du peuple.

 

En droit facile, nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude, au nom du peuple ou de l’intérêt supérieur de la nation.

 

Selon un analyste politique, il nous est fort loisible de rappeler que le feu Etienne Tshisekedi, pour peu qu’on ait eu à suivre son parcours particulièrement à l’orée des années 1990, ne parlait pas de « peuple d’abord », mais davantage de « souverain primaire », pas autant, comme on le fait croire, d’ «Etat de droit », mais davantage de « respect de textes ». Et les chroniqueurs des années de la Presse dite « Rouge » avec des imprimeries qui ont été « plastiquées » à tour de rôle savent de quoi nous parlons.

 

Et si donc il était venu à l’esprit du Sphinx de Limete de biffer un document, tel celui reprenant le Serment Constitutionnel du Premier Ministre avec allégeance au Chef de l’Etat, c’était au nom du respect des textes.

 

Malheureusement le respect des textes reste à ce jour, tout bien compté, le moindre des soucis du Chef de l’Etat actuel, garant de la Nation, censé défendre l’Etat de droit. Et qui constitue la pomme de discorde fondamentale entre sociétaires de la coalition CACH-FCC. C’est faute de pouvoir respecter les textes officiels et privés que le pays vit des moments de turbulence satanique. Ceci explique donc cela.

 

L’Etat de droit dans ces conditions ? Une chimère, un phantasme. La Consultation ? Une tempête dans un verre d’eau ! Car le respect des textes s’apparente au respect de la parole donnée. Et de la parole à l’acte, on est encore loin.

 

L’exemple-type de la violation des textes : Le Kongo Central.

 

La violation des textes grandeur nature est celle qui a cours dans la province du Kongo Central par les faits et gestes du Chef de l’Etat en exercice.

 

D’une main sournoise opérant dans l’ombre, le garant du bon fonctionnement des institutions et de leur stabilité ci-devant Président de la République a suffisamment démontré qu’il n’a cure de ce qui s’appelle le respect des textes.

 

Un m’en-foutisme qui va jusqu’à couvrir toutes les bévues qui s’y commettent, loin de toute règle de bonne moralité publique et de la saine gestion de la res publica.

 

Comme d’un champ en ruines, la province du Kongo Central subit les assauts de tous ordres, jadis la plus respectable, mais à ce jour, piétinée de part en part comme si du sommet à la base, tout y est fait pour la violer et jeter aux pourceaux, toute sa sacralité.

 

Une « influenceuse » qui chausse à tous les pieds est allée jusqu’à la qualifier d’une pétasse qui accepte tout sans broncher.

Les nombreux cris de détresse n’y font rien, laissant présager d’une volonté manifeste de l’affaiblir pour mieux l’exploiter et l’asservir.

Et dans cette tache de vassalisation où l’on a que faire du respect des textes, même la distinguée première Dame apporte sa prestance.

 

Le bal de sa dernière visite en terre Kongolaise s’ouvrait par d’incessants appels du pied aux opérateurs économiques des services publics de l’Etat et privés pour des contributions généreuses voulues substantielles par l’exécutif provincial, l’exécuteur de basses besognes. Ce qui n’est pas sans rappeler les vieilles méthodes du tristement célèbre parti-Etat.

 

La presse mise au pas pour 100.000 bâbords de mille sabords ainsi son âme au plus offrant qui reçoit en retour le titre de Président d’honneur ad vitam aeternam sans que personne ne bouge.

 

Pendant qu’elle y est, un putsch s’opère à l’Assemblée Provinciale sous sa très sainte bénédiction :

L’homme qui ne ratait jamais un seul concert de Jossart Nyoka Longo Place Kimpwanza eyinkisi Zaïko Langa Langa est sacré avec les moyens de la puissance publique nouveau locataire de l’hémicycle au Mfulu Massaka Street à Matadi, le pote de Jossart étant aussi celui du Chef de l’Etat. La République vandalisée est aussi celle des copinages abjects. Au nom d’une Union Sainte-N’y-Touche. C’est la République des Zaïko zekete-zekete et autres amis du Président qui ont mission de casser la baraque : on boit jusqu’à l’aube, on casse les verres et on ne paie pas.

 

L’un des lieutenants du Président de l’Assemblée Provinciale autoproclamé, putain de merde et de minable est allé jusqu’à affirmer : « Il (Jean-Claude Vuemba Luzamba) connaît personnellement bien le Président de la République Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo dit BETON qui l’appelle affectueusement Mashakado, Jolicoco ; Pour ce poste, il a le soutien du président TSHISEKEDI ; Il est Atouphile et a la bénédiction de notre gouverneur Matubuana…Il est cool, accessible, moderne, humoristique, non conflictuel, très affectif, père de famille et chrétien ;

Il va tenir parole à chaque Député (toutes obédiences confondues) d’obtenir une ligne de crédit dans une banque de la place pour l’achat des Jeep LAND CRUISER don du Koweït  dans les 60 jours suivant son élection au perchoir de l’APKC ainsi qu’une ligne de crédit pour les personnels politique et de administratif… TOUS POUR le quadra député élu de la circonscription électorale de Kasangulu. »

 

Voici pour le tableau de celui qui se vante de bénéficier de la bénédiction du Président de la République, la présence de la distinguée première Dame faisant foi.

 

Une ligne de crédit est aussitôt sollicitée à concurrence de 9 Millions USD pour la poursuite et le parachèvement des travaux du Stade Lumumba, les 6 Millions USD jadis décaissés pour le même objet ayant pris une destination inconnue. Sans que l’Inspection Générale des Finances n’ait eu à lever son petit doigt !

 

Pire, sans qu’aucun audit n’ait été enclenché par les apparatchiks de l’ordre nouveau qui s’empressent d’auditer le Bureau de l’APKC, ayant réussi au passage à intégrer dans la Chambre Législative, toutes les brebis galeuses y expurgées au nom des textes, dont on n’a rien à foutre ici.

 

L’on peut, et avec raison, s’apitoyer du sort des jumeaux assassinés à Kinzau-Mvuete dans le Territoire de Seke-Banza, mais aucunement du député provincial feu Albert Nsimba Sukami mort dans des conditions atroces ; ni de celui de la dame froidement abattue par l’un des gardes du corps du gouverneur déchu.

 

Au point qu’avec tout l’appui dont on peut se targuer à la Vice-Primature à l’Intérieur et à la Présidence de la République, l’on veut aller jusqu’à déposséder le Président de l’Assemblée Provinciale du Kongo Central Docteur Pierre-Anatole Matusila de son parti, quitte à le céder gracieusement à un putschiste tout trouvé dans les placards de la nouvelle République.

 

Comme d’un ogre vorace, tout ce qui ne participe pas de la pensée unique doit être avalé.

 

Mais tout observateur averti sait que si l’on veut livrer la province aux nouveaux maîtres des lieux, ce n’est pas pour les beaux yeux des Bakongos, mais bien pour des desseins funestes d’exploitation et d’enrichissement.

 

Voici donc les tirailleurs « amphythéosiques » en train de déshabiller Saint-Pierre pour habiller Saint Paul. Adieu les Arrêts de la Cour Constitutionnelle et de la Cour de Cassation, car ou vous roulez pour le Président et vous vivrez ; ou vous vous faites virer avant de vous voir mourir de votre belle mort.

 

Nous sommes ici désormais dans le cas d’un pouvoir in toto.

Tout le monde doit rallier la juste cause, à défaut d’une guillotine. C’est l’Union Sacrée de la Nation pour Tous, comme du temps du guide éclairé, où ne comptent que les gestes, la pensée et les initiatives du Chef de l’Etat.

 

L’appel à tous les gouverneurs de joindre Kinshasa pour la Consultance du guide et timonier éclairé en dehors de la Conférence des gouverneurs est symptomatique de cette nouvelle volonté pour le Président de la République de disposer de tous les leviers du pouvoir pour soi-disant, bien mener à terme, les réformes envisagées, ce, en dehors de tout cadre textuel.

 

Et c’est là que les romains s’empoignèrent surtout lorsqu’on sait qu’en dehors des urnes, l’exercice actuel du pouvoir est le fruit d’un accord sous seing privé.

 

Qu’attendre de telles prémisses fausses ? Tempête dans un verre d’eau, la Consultation Nationale vient sans doute masquer les enjeux de survie collective plus importants, notamment l’Affaire Minembwe, la persistance de la guerre à l’Est, la situation de précarité sociale…

 

Eugène Ngimbi Mabedo

 

Article publié et mis en ligne par berger-media.info
Publicité
NOUVELLES
Publicité