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Politique

RDC : Le Vice-Premier Ministre de l'Intérieur Gilbert Kankonde sur le départ…
Écrit par - Publié le 07/12/2019
     

Honni soit qui verrait dans la succession d’événements en cours au Kongo Central comme une simple manoeuvre ou une injonction du Front Commun pour le Congo, fait privé. Tandis que ceux qui croient qu' il faille laisser l’Assemblée Provinciale faire les choses proprement en conformité avec la loi pour ne pas verser dans l’anarchie ou le gangstérisme auraient complètement raison et ne peuvent qu’emporter l’adhésion des patriotes bien-pensants.

Et si par ailleurs, selon le principe sacro-saint du droit « nul n’est censé ignorer la loi », il est tout aussi vrai que « nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude ».

 

Malheureusement le Vice-Premier Ministre, Ministre de l’Intérieur, Sécurité et Affaires Coutumières, Gilbert Kankonde , par une faute administrative grave, vient de jeter à nouveau un discrédit sur la considération que nombreux avaient jusqu’ici placée aux nominés supposés compétents, probes et expérimentés des membres du gouvernement d’obédience « Cap pour le Changement », CACH en sigle.

 

Et puisqu’il n’y a pas de mauvaises troupes, que de mauvais chefs, c’est de nouveau un coup dur pour l’image positive que d’aucuns avaient jusqu’ici sur la famille à laquelle appartient le Chef de l’Etat Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.

A qui l’on semble reprocher de n’avoir pas placé des hommes et des femmes qu’il faut à la place qu’il faut, après d’après négociations pour la formation du gouvernement, sept mois au bas mot-du 24 Janvier au 26 août 2019, ayant tablé sur des critères émotifs et sentimentaux qu’il est oiseux et superfétatoire d’évoquer ici.

 

Sur le compte « Facebook » intitulé « Presse Min Intérieur RDC », on peut lire ce qui suit en date du 30 novembre 2019 à 6h51':

« RDC le gouverneur du Kongo Central ainsi que son adjoint réhabilité par le VPM Gilbert KANKONDE MALAMBA Ministre de l’Intérieur sécurité et affaires coutumières » (sic).

 

On y voit repris le message officiel N°25/CAB/VPM/MINTER SECAC/GKM/0270/219 D/29.11.2019 avec pour « Destinataire : « PROGOU KONGO CENTRAL ai » avec RPT : « PRESIREP », PREMIN, VICE/MINTERSEC, IGTR, AG/ANR, DG/DGM et CG/PNC.

 

Le message phonique ne mentionne nulle part le PRESI ASSPRO/KONGO CENTRAL au nombre des destinataires, même s' il lui est rappelé dans le corps du texte la lettre du 25 septembre 2019 qui stipule : ‘’INTERIM PROGOU ETRE TERMINE STOP REPRISE FONCTION PROGOU ET GOUVICE STOP ETRE AUTORISEE STOP… PROMPTE EXECUTION STOP.

 

Lorsqu’en date du 25 août 2019 se déroulent les faits connus sous le vocable de l’Affaire MIMI, MIMIGATE ou l'Affaire de la Sextape du Kongo Central, le premier geste de quelques députés de l’Assemblée Provinciale fut de rendre visite au vice-gouverneur de province pour un réconfort moral.

 

Outre la mise en place urgente d’une commission d’enquête parlementaire ad hoc subséquente, le Président du Bureau de l’Assemblée Provinciale saisira immédiatement en date du 31 août 2019 le Président de la République, avec en ampliataires le Premier Ministre et Chef du gouvernement, le Vice-Premier Ministre, Ministre de l’Intérieur et Sécurité ainsi que tous les honorables membres du Bureau de l’Assemblée Provinciale du Kongo Central.

 

Avec pour objet : « Demande des mesures conservatoires à l’endroit de Messieurs le gouverneur et vice-gouverneur de la province du Kongo Central ».

Tenant compte de l’indignation suscitée et des marches qui s’organisaient pendant que les deux hauts responsables de l’exécutif provincial continuaient d’œuvrer dans leurs bureaux comme si de rien n’était, joint à cela le fait que l’Assemblée Provinciale se trouvait dans l’impossibilité légale de convoquer une seconde session extraordinaire,"craignant les troubles récurrents de l’ordre public à travers toute la Province pouvant entraîner par la même occasion l’instabilité de l’Etat en attendant le résultat de l’enquête parlementaire’", le Président de l’Assemblée Provinciale sollicitait au Président de la République « son implication personnelle afin que des mesures conservatoires soient prises avant la rentrée parlementaire de la session de septembre pour une éventuelle motion »(sic).

 

Une correspondance qui faisait suite à un communiqué officiel signé par le Président de l’Assemblée Provinciale condamnant avec la dernière énergie la situation qualifiée par lui de « grave, désagréable et nauséabonde et la gestion qui s’ensuivait, tout en appelant toute la population à préserver la cohésion provinciale, gage du développement de la province ».

 

Y faisant suite, le 02 septembre 2019, le Premier Ministre Bruno Tshibala Nzenzhe estimant « ne pas laisser la province basculer dans une instabilité en raison de l’indignation soulevée, des protestations et marches envisagées par la population », "demandait" formellement au Vice-Premier Ministre, Ministre de l’Intérieur Faisant Fonction « de prendre des mesures conservatoires à l’endroit du gouvernement de Province et son Vice, en attendant les conclusions des enquêtes ouvertes au Parquet général près la Cour d’Appel de Matadi et au Parquet général près la Cour de Cassation ».

 

Avec pour chute, cette incise non négligeable, non équivoque et on ne peut plus claire : « Vous instruisez les intérimaires de transmettre un message d’apaisement à toute la population du Kongo Central jusqu’au dénouement de cette affaire »(sic).

 

Et lorsque le Vice-Premier Ministre, Ministre de l’Intérieur et Sécurité Faisant Fonction , en date du 30 septembre 2019 accuse réception de la précitée du Premier Ministre relative aux mesures conservatoires sollicitées et « souscrit »(sic), " à votre demande de prise des mesures conservatoires à l’endroit de Messieurs le gouverneur et Vice-gouverneur de la Province du Kongo Central" ; "en vue de me permettre d’approfondir ce dossier enrichi de témoignages de différents acteurs, j’invite, toutes affaires cessantes, les deux autorités provinciales à rejoindre sans délai Kinshasa pour être entendus et confrontés sur les faits allégués à leur charge. Toutefois, pour éviter la vacance du pouvoir au sommet de la province, je charge dès réception de la présente, Monsieur le Ministre Provincial de l’Intérieur à assumer à titre intérimaire jusqu’à nouvel ordre les fonctions de gouverneur du Kongo Central".

 

Ce qui sous-entend une « suspension » implicite, du fait "d’une vacance à éviter" et non d’une simple « absence ». Ce, "jusqu'à nouvel ordre".

 

Tant on peut affirmer que s’il y a "vacance’’, ‘’vide’’, cela sous-entend qu’un tempo est mis sur les fonctions que le gouverneur exerçait mais qu’il ne le peut, du fait de ‘’soupçons’’ de fautes et manquements graves au devoir d’Etat.

 

"Un rapport subséquent vous sera adressé à bref délai à l’issue du travail d’investigations" (sic).Signé Basile Olongo Pongo, Vice-Ministre de l’Intérieur et Sécurité, VPM ai. Avec transmis copie pour information au Président de la République, à l’Honorable Président de l’Assemblée Provinciale du Kongo Central et au Ministre Provincial de l’Intérieur du Kongo Central.

 

C’est le sens du message phonique officiel destiné nommément au gouverneur et à son vice-gouverneur N°25/CAB/VPM/MININTERSEC/OPB/0195/2019 du 03/09/2019 avec pour ampliataires : le Président de la République, le Premier Ministre, le Ministre d’Etat à la Décentralisation, le Procureur général près la Cour de Cassation, le Sécretaire général au Ministère de l’Intérieur, l’Inspecteur général à la Térritoriale, l’AG de l’ANR, le DG de la DGM, le Commandant général de la PNC, le Président de l’Assemblée Provinciale du Kongo Central et le Procureur près la Cour d’Appel de Matadi, et ainsi libellé :

 

« Vous convoquer à Kinshasa pour consultation dès reception du présent message stop motif être les incidents de viol survenus à Matadi le 25 Août 2019 stop vos éclaircissements être requis pour établir les responsabilités stop. Pendant ce temps stop Intérim Progouv être assumé par Ministre Provincial en charge de l’Intérieur stop. Pour ce faire stop vous êtes attendus ce mercredi 04 septembre 2019 à 10 heures précises stop pour vos auditions par Procureur général près la Cour de Cassation stop Prompte exécution".

Comme on le voit, il ne s’est pas agi d’une simple absence du gouverneur et de son vice, mais d’une « vacance » à la tête de la province.

Voilà qui explique qu’y faisant suite, le 7 septembre 2019, en vertu « des instructions reçues de la hiérarchie et du principe de la continuité des services publics de l’Etat, en présence de l’Inspecteur Provincial de la Territoriale du Kongo Central », Monsieur l’Inspecteur général de la Territoriale installera Monsieur Marcel Matumpa Buka, Ministre Provincial de l’Intérieur, de l’Administration du Territoire et des Affaires coutumières du Kongo Central, « en qualité de gouverneur Intérimaire de la Province du Kongo Central jusqu’à nouvel ordre ». Dont un Procès-Verbal de l’Installation du Ministre Provincial faisant foi.

 

Malheureusement lorque Gilbert Kankonde prend les rênes de la Vice-Primature de l’Intérieur,il brillera par des décisions d’intrusion, à la limite "cavalières", avec pour objectif de court-circuiter clairement la démarche du Procureur général près la Cour de Cassation.

Au point d'aller jusqu'à « lever » la suspension qui avait cours à l’endroit de deux plus hautes autorités au sommet de l’exécutif provincial du Kongo Central.

Contrairement aux usages administratifs, le Président de l’Assemblée Provinciale n'en a pas été ampliatif. En voici le contenu:

« STOP INTERIM PROUGOU être terminé stop Reprise fonction progou et gouvice stop être autorisée stop".

N’est-ce pas, sous le parallélisme des formes, qu'il autorise à nouveau et de manière tout aussi "implicite", voire " explicite", la levée de la mesure de suspension qui frappait les deux plus hautes autorités de l’exécutif provincial?

Conclusion…

En un mot comme en mille, sauf cécité intellectuelle, le VPM Gilbert Kankonde a péché gravement par sa non maîtrise de l'Abécédaire des principes de l'administration publique, au point d'empiéter sur des prérogatives dévolues au Premier Ministre , à la base de la suspension au titre des mesures conservatoires.

Preuve éloquente d'un amateurisme dans le chef d'un haut commis de l'État censé s'entourer des compétences éprouvées.

Comme s'il s'est laissé enivrer par le lait que procure l'exercice des charges d'État. Sinon croire qu'il n'avait jamais lu, ni relu les textes soumis à sa signature.

Pour telle faute lourde et manquements graves, il doit être relevé de ses charges d'État, à moins qu'il ne prenne lui-même le devant en démissionnant purement et simplement et ainsi sauver son honneur, sinon à tout le moins accepter un strapontin de sous-ministre chargé "de l'organisation du temps libre" plus compatible avec ses douteuses qualités intellectuelles.

 Faute de le faire, il doit y être contraint par toutes voies de droit. Exit!

 

 

Eugène Ngimbi Mabedo

 

Article publié et mis en ligne par berger-media.info
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