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Culture

Livre : « Résolvons nos conflits à la manière des amoureux en crise » de Jérémy KISEMBO.
Écrit par Berger Media - Publié le 08/11/2015
  

08/11/2015 : Présenté par Richard Lombo Wamara Laurick, détenteur d'un diplôme de licence en sciences économiques à l'Université de Kinshasa. Riche expérience dans les cabinets politiques pour avoir travaillé, notamment au Cabinet du Ministre de l'Urbanisme et Habitat; Communication et Médias et à la Vice Primature chargée de l'Économie et Reconstruction. Actuellement, il est cadre de Direction a la Société Minière de Kilo Moto, en sigle SOKIMO SA. Sur TV 50, monsieur Lombo Wamara R.L. a répondu aux questions du journaliste de la chaîne.

 

Q. Pourquoi avoir accepté de soutenir tant techniquement que financièrement la publication du livre , pendant que l'auteur lui-même est un inconnu dans le monde des livres, et surtout aussi que le marché des livres ne paie visiblement pas dans notre pays ?

: Eh bien la raison est toute simple. Primo, l'auteur du Livre est un jeune cadre universitaire. Et moi, je crois dans la jeunesse. En fait il n’y a pas meilleure période de la vie de l'homme ou tout peut être possible. Quand on est jeune, on peut rêver et espérer réaliser son rêve, quand on est jeune on peut accepter de perdre ou d'échouer, sachant que l'on aura une occasion de se ressaisir, quand on est on peut des initiatives les plus folles et les risquées, car on sait que l'on a de l'énergie, de la force, de l'équilibre nécessaire, etc. pour atteindre ses objectifs.

C'est dans ce cadre que je m'étais engagé à contribuer à fond dans l'œuvre de ce jeune auteur, qui visiblement est très intelligent, très doué, et surtout il croit lui-même dans ses propres valeurs. Il était donc clair pour moi qu'il fallait à tout prix donner l'opportunité à un tel monsieur de réaliser son rêve d'être écrivain. Voilà pourquoi d'ailleurs je suis de ceux qui soutiennent la présence d'un leadership fort et jeune a la tête de notre pays.

 

Secundo, l'auteur du livre, Monsieur Jérémy KISEMBO et moi-même, avons presqu'une histoire commune du fait nous venons pratiquement de la même province, à savoir la province de l'Ituri.

Pour ceux qui ne le savent pas, il y a quelques années la province de l'Ituri était déchirée par un conflit fratricide d'une rare violence. En effet, au vu des différents reportages ou des récits qui ont vécu cela, on croirait à peine que l'homme ait été capable d'une telle cruauté ! En tout cas, tout celui qui se reconnaît, appartenant à cette province ou ayant vécu là-bas pendant cette période garde sûrement sur lui quelques stigmates de ce qui s'est passé.

 

Eh bien, j'étais impressionné de voir monsieur KISEMBO m'apporter le projet d'un livre qui propose les outils ou techniques de résolution des conflits. Il a donc dû surmonter la haine, l'esprit de vengeance ou même le mépris de l'autre pour chercher à éviter que pareil cas ne se reproduise à nouveau. Ceci était pour moi un effort extraordinaire et donc me demander à soutenir le livre était devenu pour moi une opportunité à saisir, pour à mon tour poser un acte de noblesse, c'est à dire contribuer pour la paix.

 

Aujourd'hui encore, alors que nous assistons à plusieurs questionnements des citoyens sur la politique de notre pays, le livre de Jérémy KISEMBO s'invite comme un guide qui vient proposer aux uns et autres quelques outils et techniques pour la prévention et la résolution des conflits. Car personne ne souhaitera que le pays ne sombre une fois de plus dans le conflit, tant nous connaissons tous les différents méfaits des conflits, qui se résument en l'absence de la paix. En effet, sans la paix, il nous est inimaginable de travailler pour la reconstruction de notre cher et beau pays.

 

Q. Dans votre Préface du Livre intitulé : « RESOLVONS NOS CONFLITS A LA MANIERE DES AMOUREUX EN CRISE », vous êtes un véritable Psychologue et Philosophe lorsque vous démontrez les conséquences du Conflit sur l'Homme en tant ETRE intérieur et ETRE extérieur. Pourquoi commencez-vous par l'Homme intérieur ?

 

L : L'homme intérieur ou le profond de l'homme c'est en fait la partie de l'homme que l'on ne voit pas. C'est le secret de l'homme, la partie pure et sensible de l'homme, l'homme intérieur ou le profond de l'homme. C'est cet intérieur de l'homme ou reposerait finalement l'âme même de l'homme. Cette âme qui définit en fait l'identité même de l'homme et qui l'invite vers la perfection. Cela à la différence de l'homme vu de son extérieur, ce qui l'approche ou lui rappelle en fait son Voilà donc dévoilé tout l'intérêt que j'ai eu de commencer mes  petits mots de ce livre par mettre un accent particulier sur l'homme intérieur, car à la fin des comptes, c'est au fait l'intérieur qui définit ou qui conditionne l'extérieur de l'homme.

 

Q. Pourquoi soutenez-vous que le conflit personnel et intérieur auquel l'Homme fait face est plus dangereux ?

 

L.Le conflit intérieur ou personnel est naturellement plus dangereux parce que, comme je venais de le soutenir tantôt, il s'attaque à l'âme de l'homme, il met en doute l'identité de l'homme et l'influence négativement.

Imagine qu'il nous arrive quelques fois de nous exclamer en disant: en tout cas je ne reconnais plus cet homme! Pourquoi cette exclamation ? Simplement parce qu'il devient difficile d'associer l'homme au geste ou à l'action. 

La pression du conflit sur l'intérieur de l'homme déforme l'âme et va jusqu'à changer l'identité de l'individu. 

Dès lors, l'homme qui court les rues n'est pas nécessairement celui que l'on prétend connaître.

 

Q.Dans votre lecture du Drame de KISEMBO, vous semblez démontrer que le conflit armé est la Résultante de celui à l'intérieur de l'Homme. Si telle est la situation, faudra-t-il soigner le mal dans l'Homme ou bien démocratiser la société par la redistribution des richesses ?

 

L. La redistribution de la richesse, la justice, l'équité, la recherche effrénée de la paix etc sont en fait des éléments nécessaires et indispensables qui créent l'équilibre dans l'homme, c'est à dire ça préserve l'intérieur de l'homme des frustrations et de tous autres facteurs susceptibles d'influencer négativement l'homme intérieur.

D'autre part, il y a également des gens qui cherchent par d'autres moyens à créer ou à retrouver de l'harmonie brisée entre leur fort intérieur et leur physique. C'est ainsi que l'on parle des certains arts martiaux tels que le Yoga et autres méthodes de relaxation. 

En effet, l'existence de ces méthodes confirme donc la nécessité pour l'homme de créer ou de restaurer en lui un équilibre ou de l'harmonie, selon que le terme vous séduit.

 

Q.Pour appuyer ma question, je rappelle votre phrase dans le 4ème paragraphe qui dit je cite : "En effet, au conflit identitaire de l'homme, expression d'une profonde contradiction d'Ego, s'est développé le conflit armé..." 

 

L. Au fait, et comme nous l'avons dit plus haut, le conflit qui prend racine dans l'intimité de l'homme est d'autant plus dévastateur qu'il s'attaque à l'âme même de l'homme et par conséquent influe directement et très négativement sur son identité. De là, pour s'exprimer, l'homme, victime donc de ce conflit, adopte une stratégie par rapport à son environnement le plus immédiat.

Le conflit armé auquel nous avons fait allusion ici est en fait l'illustration de ce qui s'est passé en Ituri, ou les communautés pourtant sœurs, instrumentalisées par leurs bourreaux respectifs, ont pris les armes  et se sont données la mort.

Mais demandez à ces honnêtes gens pourquoi ils ont agi ainsi finalement contre eux mêmes, souvent la réponse c'est vraiment nous ne comprenons pas, car en fait nous toujours vécu ensemble.

L'homme réalise soudain qu'il était entré en contradiction avec son propre être , ou son ego. Et il voudrait même après coup réparer ses dégâts, mais hélas! Et voilà, l'homme ne se reconnaît pas dans ses propres actions.

 

Q. Pourquoi vous vous attardez sur la vulnérabilité des hommes et femmes en temps de conflit armé et les conséquences et surtout leur gestion selon les catégories ?

 

L. La vulnérabilité de l'homme ou de la femme n'est en fait rien d'autre que la faiblesse de cet être devant une situation d'absence de paix. 

L'homme prend les armes et va au front. Là-bas, il tue et il meurt.

La femme elle, tout naturellement, cherche à nourrir sa famille: puiser de l'eau, chercher des bois de chauffe, chercher des aliments aux champs etc, là-bas, elle tombe dans l'embuscade des barbares, elle est meurtrie...

Finalement, ils sont tous, et l'homme et la femme, vulnérables aux conséquences incalculables et imprévisibles du conflit.

 

Q. Les conséquences des conflits armés ne se limitent pas qu'au plan moral, psychique, physique ; raison pour laquelle vous évoquez dans votre préface, les dommages subis sur le plan économique ! Parlez-nous en !

 

L. Oui bien sûr. L'économie ici est comprise dans le sens de l'ensemble des biens et services produits par l'homme, en mettant en contribution son temps, son énergie, son intelligence, sa créativité etc. En somme l'économie est ici assimilée au fruit du travail de l'homme.

Dans cet ordre, quand le conflit réussit à installer la contradiction dans l'âme de l'homme au point de l'opposer a sa propre identité, c'est à dire l'homme arrive à se renie lui-même, alors, l'homme dans son animalité s'attaque à sa propre création.

J'ai évoqué l'exemple de la société minière de kilo moto, SOKIMO. En fait, suite aux conflits récurrents dans la région, SOKIMO a perdu ses mines, lesquelles faisaient sa production à l'époque, SOKIMO a perdu son siège social qui est complètement tombé en désuétude actuellement, les sites d'exploitations se sont vidés des vaillants cadres et agents pour laisser la place aux populations riveraines, etc, et depuis le sort de la SOKIMO se conjugue au passé.

Il faut beaucoup d'efforts et suffisamment des capitaux pour que cette entreprise du portefeuille de l'état installée dans cette région, puisse remplir convenablement sa mission, vu le nombre de fils et filles de la région qui y sont employés.

Nous pouvons également évoquer le cas de la ville de Kinshasa. Souvenez des pillages qu'il y a eu dans cette ville dans les années 1990-1991 : tous les quartiers industriels de Limete et a Kingabwa détruits, les usines de General Motors a Masina bousillées, les célèbres avenues du Commerce vandalisées, tous les grands magasins et dépôts de la capitale vides!!!

Il y a lieu de se demander, mais Homme que fais-tu ?

Combien d'emplois détruits, combien de richesses perdues, combien d'espoir anéanti ? Mais Homme qu'as- tu fais ? 

 

Q.Et face à ce tableau macabre, vous démontrez les limites des moyens brutaux pour résoudre les conflits...

 

L. En effet, très longtemps et même aujourd'hui encore certains, si pas nombre des gens soutiennent cet adage: Qui veut la Paix prépare  la Guerre. 

Mais au vu de ce qui se passe actuellement dans le monde, il apparaît de plus en plus clairement que la guerre n'amène au-delà de la mort, qui elle-même est la négation de la vie, la guerre n'amène que la haine, le désastre, la catastrophe, la misère. Et donc la guerre, ne résout pas les conflits mais en revanche elle accentue le conflit, ou même l'amplifie davantage. Les exemples sont légion. En Afrique comme ailleurs ! Syrie, Ukraine, Yémen, Centre Afrique, Mali,Nigeria et on peut continuer...

Voilà pourquoi, nous nous sommes permis de penser autrement, nous disons : < Qui aime la paix prépare la paix >.

 

Il est du devoir de l'homme, à quelque niveau que ce soit, d'agir dans le sens du bien. La gouvernance du pays, la gestion de la chose publique, l'administration de la justice, de la manière dont l'éducation est assurée etc, tout de l'homme doit tourner au tour de la maxime de l'amour du prochain.

 

C'est dans ce cadre qu'il convient d'évoquer une fois encore le en effet, quand ce livre était sous presse, personne n'avait a l'idée que le chef de l'Etat, inviterait ses compatriotes congolais au dialogue national.

Mais aujourd'hui, le livre de monsieur Jérémy KISEMBO, vient en fait renforcer cette idée du dialogue national, en tant qu'un des outils importants pour la prévention et la résolution des conflits.

 

En effet, il est important de noter que l'appelant au dialogue est celui qui veut éviter un climat malsain, c'est celui qui sait voir et apprécier les choses dans tout leur contour afin de prendre des mesures préventives contre toute déviation possible. C'est en fait un exercice pour anticiper sur certains faits sociaux ou même politiques dont on craint un débordement quelconque.

En fin, ne peut appeler au dialogue que celui qui a du respect pour l'autre, celui qui est disposé à écouter l'autre et donc celui qui tolère l'autre, sinon aime l'autre.

 

Dès lors, ceux qui participent au dialogue portent la responsabilité d'aborder toutes les questions, préoccupations, attentes de la communauté et ont en même temps l'obligation d'y apporter des réponses attendues. TV50.

 

Article publié et mis en ligne par berger-media.info
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