Mines-RDC : Le patrimoine de la Sokimo bientôt bradé?

 

La campagne dites ; Le Congo n’est pas à vendre, exhorte le Président de la République et le Conseil des Ministres à empêcher la cession définitive d’une partie importante du patrimoine de la SOKIMO à AJN Ressources. Car, l’objectif de la transaction serait de relancer la SOKIMO, mais en réalité, elle aura pour effet de l’anéantir définitivement et enrichir les investisseurs véreux.

Alors que l’entreprise doit des arriérés à ses salariés, elle doit également plusieurs millions de dollars aux sous-traitants, notamment aux entreprises congolaises qui doivent relancer l’emploi dans le pays.

Un collectif des congolais, des citoyens de l’Ituri et observateurs appelle le Président et le premier ministre à ne pas approuver cette transaction et à tirer les leçons des privatisations passées. « Comme ‘entreprise SAMIBO de Samih Jammal, ces expatriés viennent mains vide pour s’enrichir sur les richesses du pays… » déclare un salarié de cette entreprise.

Il est plus que nécessaire que l’Etat congolais puisse adopter une réelle politique de relance des entreprises du portefeuille de l’Etat.  En effet, AJN est une société junior qui n’a pas les ressources financières suffisantes ni l’expertise nécessaire pour relancer la SOKIMO. Ses dépenses opérationnelles étaient de moins de 36.000 dollars américains en 2019, ce qui correspond aux dépenses d’une petite boulangerie, bien loin de subvenir aux besoins d’une entreprise telle que la SOKIMO. De plus, selon un audit interne, la compagnie est en difficulté financière et émet même des doutes sur la viabilité financière d’AJN dans les années à venir.

La remontée du cours de ses actions et sa viabilité financière future dépendent en grande partie du riche patrimoine de la SOKIMO. C’est donc bien AJN qui a besoin de SOKIMO et non le contraire.  AJN Resources est contrôlée par Klaus Eckhof, qui n’en est pas à son premier coup d’essai en République Démocratique du Congo.

Depuis 2003, les deals de ses autres véhicules financiers tels que Moto Goldmines, AVZ Minerals, Okapi Resources et Amani Resources n’ont permis de relancer ni la SOKIMO en Ituri, ni la COMINIERE dans le Tanganyika contrairement aux objectifs déclarés. 

Ainsi, cette transaction proposée par le comité de gestion actuel s’inscrit dans une longue histoire de privatisation de gré-à-gré du patrimoine minier de la RDC. En mieux, il s’agit de se laisser borner par des investisseurs malhonnêtes qui viennent en Afrique avec des projets fallacieux dans le but de s’enrichir eux-mêmes et leurs complices. Et la population resterait toujours pauvre.  

Rappelons les tactiques des sociétés juniors étrangères qui ont spéculé sur la base des actifs de la Gécamines et de la MIBA pendant que la guerre faisait rage en RDC, puis pendant la transition, en augmentant leurs propres profits et dépouillant les plus importantes entreprises étatiques de tout potentiel de relance.     

L’idée que la SOKIMO deviendrait elle-même un acteur boursier prospère est illusoire, selon les experts. De plus, à travers ces transactions financières annoncées au mois d’avril, le risque est bien réel sinon certain que la SOKIMO va perdre ses 60% d’actions au profit des nouveaux partenaires et ne rester qu’un actionnaire minoritaire sans véritable pouvoir. 

En outre, cette démarche du collectif, à la transaction est quasi-unanime. Les députés de l’Ituri, Les syndicats de Sokimo, la Commission Environnement et Ressources Naturelles de l’Assemblée Nationale et plusieurs larges coalitions de la société civile se sont clairement prononcées contre cette transaction. Autant de sonnettes d’alarme que le Président et le Conseil des Ministres ne peuvent pas ignorer.