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Politique

RD Congo : les élections présidentielle et législative officiellement reportées.
Écrit par - Publié le 21/12/2018
     

 

En RD Congo, la Commission électorale nationale indépendante  a officialisé jeudi en début de soirée le report du scrutin présidentiel de sept jours. L'élection pourrait se tenir le 30 décembre 2018 sur l'ensemble du territoire congolais.

 

Les élections présidentielle, législatives et provinciales en République démocratique du Congo sont reportées de sept jours au 30 décembre 2018, a annoncé jeudi 20 décembre le président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), Corneille Nangaa. "Nous annonçons donc que les scrutins directs présidentiel, législatif national et provincial auront lieu le 30 décembre 2018", a déclaré le président de la Céni dans une déclaration à la presse, à Kinshasa.

 

Les élections présidentielle, législatives et provinciales, censées se tenir dimanche 23 décembre et ouvrir la voie à la première alternance politique – sans putsch ni assassinat ciblé – de l’histoire du pays, se préparaient sans aucune aide ni intervention des partenaires occidentaux, écartés par le régime de Joseph Kabila et privés de contacts privilégiés.

La mission des Nations unies en RDC, la Monusco, dont le départ est souhaité par Kinshasa, a vainement proposé son soutien logistique et bloqué jusqu’au 15 décembre des aéronefs au cas où la Commission électorale nationale indépendante (CENI) aurait exprimé des besoins. Pourtant, cet appui onusien a été crucial lors de l’élection de 2011, jugée « peu crédible », dans ce pays vaste comme l’Europe occidentale et dépourvu de grandes routes.

Depuis la fin du deuxième et dernier mandat de M. Kabila, il y a deux ans, les offensives diplomatiques, renforcées par des sanctions économiques de l’Union européenne (UE) et des Etats-Unis, ont irrité le pouvoir congolais. « Le monde a changé et on ne pense plus les relations internationales à travers l’UE, la Belgique ou les Etats-Unis. On n’a pas besoin de leur argent pour organiser les élections », dit André-Alain Atundu, ancien chef du renseignement de Mobutu Sese Seko, aujourd’hui porte-parole de la majorité présidentielle. Les pressions occidentales n’ont pas non plus manqué d’agacer des pays de la sous-région certes préoccupés par la « stabilité » du géant d’Afrique centrale mais sourcilleux en matière de respect de la souveraineté.

 

La campagne suspendue à Kinshasa

 

Au cours de cette folle campagne, les tribuns haranguant les foules deviennent des dealers d’espoir éphémère pour une partie de la population usée par la violence et la pauvreté, de même que par les manœuvres du pouvoir comme de l’opposition. En province, le pays vit au rythme des meetings dans un climat d’angoisse quant à la réaction des forces de sécurité, qui ont déjà ouvert le feu et tué.

 

A Kinshasa, la campagne a été suspendue, mercredi 19 décembre, avant les réunions publiques du candidat d’opposition Martin Fayulu et de M. Shadary, qui devait clore la campagne vendredi. « Le gouvernement provincial de Kinshasa décide, pour des impératifs sécuritaires,  la suspension sur toute l’étendue de la capitale des activités de campagne électorale », indique le communiqué signé du gouverneur de Kinshasa, André Kimbuta, sans préciser la date de fin de cette mesure.

 

Plus de 75 000 bureaux de vote

Ces élections se déroulent sur fond de suspicions de fraudes et de compromissions de la CENI, toujours incertaine sur sa capacité technique à organiser les scrutins à temps. « Il y a toujours beaucoup de soucis à se faire », confie un technicien de la CENI qui peine à livrer du matériel électoral dans certaines contrées minées par les groupes armés ou par l’épidémie d’Ebola.

 

Ce qui laisse craindre un report des élections pour 2019, des dysfonctionnements et des violences urbaines postélectorales, selon plusieurs diplomates occidentaux réduits à produire des analyses. D’ores et déjà, certains leaders de l’opposition appellent leurs partisans à contester les résultats en cas de victoire de M. Shadary. « Si le candidat de la continuité est déclaré vainqueur, n’acceptez pas ces résultats ! Cela voudrait dire qu’ils ont une fois de plus volé les voix du peuple », a déclaré Félix Tshisekedi, le président du principal parti d’opposition.

 

La « communauté internationale » s’est résignée, cessant ses critiques et pressions sur le régime de M. Kabila, qui a désormais les mains libres pour organiser à sa guise ces élections à hauts risques. « On espère des élections acceptables à défaut d’être crédibles, c’est-à-dire sans trop de fraudes ni trop de morts. On en est là », confie un diplomate occidental. Le Conseil de sécurité des Nations unies a salué, lundi, les « progrès dans la préparation technique des élections » et appelle « toutes les parties à rejeter la violence ». Les partenaires occidentaux ont perdu leur bras de fer face au régime, qui a habilement tourné à son avantage les règles du jeu diplomatique international.

 

La surveillance de ces scrutins se fera donc sans observateurs occidentaux. Seules l’Eglise catholique et la société civile congolaise seront des arbitres neutres. Leur verdict sera sans doute déterminant et pourrait peser lourd dans la phase postélectorale tant redoutée. E.N.

 

Article publié et mis en ligne par berger-media.info
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