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Économie

Départ Zuma, une excellente nouvelle pour l’économie et les bourses de l’Afrique.
Écrit par - Publié le 16/02/2018
     

Le président sud-africain Jacob Zuma a enfin renoncé au pouvoir. Une évolution susceptible de provoquer un véritable printemps africain, quelques années après le printemps arabe. Avec, à la clé, un “véritable épanouissement sur les plans politique, économique… et même boursier”, juge Christopher Nicolas Dembik, responsable de la recherche macroéconomique chez la banque danoise Saxo Bank.

Capital.fr : Après la révolution de palais au Zimbabwe et les spéculations liées à un changement de pouvoir en République démocratique du Congo, Jacob Zuma, le leader de l’Afrique du Sud, a finalement démissionné… Le mandat de Jacob Zuma est associé avec de médiocres performances économiques, la montée des inégalités et la dégradation de la situation financière de la première économie du continent. Est-ce une évolution positive, selon vous ?

 

Christopher Dembik : Oui. Ces dernières années, l’économie sud-africaine, très exportatrice de matières premières (les exportations de métaux précieux - dont l’or - et de pierres précieuses représentent 15 milliards de dollars, soit près de 17% des exportations totales du pays), a été affectée par la faiblesse des cours et des grèves à répétition (notamment dans le secteur minier, NDLR), mais aussi par le renforcement de l’instabilité politique, qui a fait fuir les investisseurs étrangers. Le mandat de Jacob Zuma, poussé vers la sortie, a notamment été entaché par un scandale de corruption.

 

Cyril Ramaphosa, jusqu’ici vice-président du pays, le remplace. Quel est son profil et comment est-il perçu par la communauté financière ?

 

C’est un ex-syndicaliste, reconverti dans les affaires. La perception des investisseurs est d’autant plus positive qu’il est vu comme libéral et pragmatique. Il sera attendu au tournant par les intervenants lors de la prochaine présentation du budget, notamment sur les questions de l’assainissement des finances publiques et de la lutte contre le chômage, un fléau qui touche 27% de la population active ! Cela dit, la communauté financière sera plus attentive au ton du discours de Cyril Ramaphosa qu’à ses mesures, puisqu’il aura peu de marges de manoeuvre pour amender le texte.

 

Dans une de vos 10 “prévisions choc” pour 2018, vous indiquiez que l’Afrique du Sud pourrait “connaître une renaissance inattendue lui permettant de s’épanouir sur les plans politique et économique”. En quoi le changement à la tête de l’Etat sud-africain devrait-il y contribuer ?

 

Les attentes sont très fortes, tant le climat a jusqu’ici été délétère, avec une économie gangrenée par la corruption et insuffisamment diversifiée, le secteur minier se taillant encore la part du lion dans le produit intérieur brut. Au forum économique mondial de Davos de janvier, le nouveau président a annoncé qu’un vent de renouveau soufflerait bientôt en Afrique du Sud. Il devra s’attacher à attirer les investisseurs étrangers et à mettre en oeuvre un train de réformes pour lutter contre la corruption et soulager les finances publiques. Il pourrait par exemple procéder à des privatisations, d’autant que les firmes contrôlées par l’Etat sont jugées mal gérées. Et ce serait un moyen de faire revenir rapidement les investisseurs étrangers. Cyril Ramaphosa pourrait aussi revenir sur les différents programmes sociaux, afin de réaliser des économies et réduire ainsi les déficits publics.

 

Comment les pays voisins devraient-ils profiter de la nouvelle dynamique sud-africaine ?

 

Jusqu’ici, les investisseurs étrangers ont considéré l’Afrique avec circonspection, le continent étant jugé globalement compliqué. Et quand ils y investissent, ils le font souvent en Afrique du Sud, car c’est plus aisé. La passation de pouvoir à la tête de l’Etat pourrait contribuer à améliorer leur perception de l’ensemble de la région. Les pays africains pourraient ainsi lever des fonds via des obligations vertes émises par la Banque mondiale, à des taux d’intérêt relativement attractifs. Des fonds qui permettraient de financer des projets liés à la production d’énergies renouvelables ou, plus largement, la construction d’infrastructures respectant des critères environnementaux et sociaux.

 

Vous attendez-vous à un impact positif majeur sur les Bourses du continent ?

 

Oui, notamment pour la Bourse de Johannesbourg. Nous tablons aussi sur une appréciation du rand, la devise du pays, encore très sous-évaluée, et dont le raffermissement ne devrait ainsi pas peser sur les valeurs exportatrices sud-africaines. Il faut toutefois garder à l’esprit que la Bourse de Johannesbourg compte de nombreuses valeurs bancaires et minières et reste donc tributaire de l’évolution des cours des matières premières - notamment de l’or. Et nous sommes positifs sur le métal jaune, compte tenu de l’émergence d’un certain nombre de risques. Outre le retour de la volatilité sur les marchés, l’économique mondiale pourrait bientôt être confrontée à un ralentissement, dans le sillage de la Chine, responsable d’un tiers de l’impulsion de croissance de l’économie mondiale, selon le Fonds monétaire international.

 

Les investisseurs tricolores peuvent accéder aux marchés d’actions africains via des fonds dédiés ou des trackers, mais l’accès direct aux actions des places financières locales est réputé peu aisé et coûteux...

 

Pas avec la plateforme Saxo Bank, qui offre aux particuliers français un accès aux valeurs cotées à Johannesbourg, avec des frais de courtage limités à 0,25%, pour un investissement minimal de seulement 100 rands - l’équivalent de 7 euros...

 

Entre la reprise des cours des matières premières, qui profite aux pays africains exportateurs de pétrole et de métaux, et les trajectoires impressionnantes de certaines économies, les intervenants sont relativement optimistes pour l’économie du continent. Le risque de remontée des taux d’intérêt aux Etats-Unis pourrait-il remettre en cause la dynamique en cours ?

Les craintes actuelles d’un choc inflationniste marqué nous paraissent exagérées. Dans ces conditions, nous ne tablons pas sur une envolée excessive des taux d’intérêt à long terme aux Etats-Unis.

 

Comment miser sur les marchés d'actions africains ?

 

Les investisseurs avertis souhaitant profiter du potentiel de l'Afrique pourront acheter des actions sur les Bourses locales, en prenant garde aux frais. Ou, plus simplement, passer par des fonds, tels que Templeton Africa, ou encore des trackers (produits de réplication), comme le Lyxor Pan Africa ETF. Des supports peu coûteux et qui offrent l'avantage de la diversification, permettant ainsi de lisser les risques. Le Lyxor Pan Africa ETF supporte des frais de gestion annuels de 0,85%, évolue parallèlement à l’indice SGI Pan Africa Net Total Return, représentatif des principales valeurs cotées sur les marchés d’actions africains et de celles “dont la majeure partie de l’activité a pour cadre le continent”. Le tracker fait la part belle aux valeurs sud-africaines (qui ont un poids de 33%), marocaines (21%), canadiennes (14%), basées à Jersey (11%) et égyptiennes (11%).

Article publié et mis en ligne par berger-media.info
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