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Afrique

Le Kenya s’enlise dans la crise
Écrit par - Publié le 12/10/2017
     

L’appel à la mobilisation nationale n’aura pas rassemblé : seules quelques centaines de partisans de l’opposition sont venus manifester mercredi dans le centre de Nairobi. Ils répondaient au discours prononcé la veille par leur leader, Raila Odinga, au cours duquel il avait annoncé son retrait de l’élection présidentielle du 26 octobre.

La commission électorale, selon lui inféodée au président sortant, allait forcément agir à son encontre le jour du scrutin. «L’équipe qui est à la tête de la commission est composée de criminels. Et ce sont ces mêmes criminels qui vont organiser l’élection du 26 octobre, nous ne pouvons pas y participer», expliquait mardi Kalonzo Musyoka, candidat à la vice-présidence.

 

Le cortège s’est arrêté devant le siège de la commission électorale kényane protégée par de nombreux policiers lourdement armés, les leaders de la Nasa (National Super Alliance) ont rappelé qu’ils n’accepteraient pas la réélection d’Uhuru Kenyatta, président sortant et seul candidat officiellement en lice pour l’élection, désormais qualifié de dictateur par les soutiens de Raila Odinga.

 

«Si nous votons le 26 octobre comme c’était initialement prévu, le pays sera coupé en deux. Ce sera une élection pour la région de Kenyatta, pas pour le reste du pays», éructe l’un des supporteurs, pierre à la main, menaçant la police. Malgré la faible mobilisation, la Nasa a annoncé que les manifestations seraient quotidiennes dès la semaine prochaine. «Nous voyons clairement des signes qui montrent que le Kenya est en train de devenir un pays autoritaire. Nous avons déjà vaincu un dictateur par le passé, si Kenyatta devient aussi un dictateur, il aura affaire à nous», explique Simba Arati, un député de Nairobi.

 

Quelle va être la suite des événements ? Personne ne semble le savoir. Uhuru Kenyatta, actuel président, a d’ores et déjà annoncé qu’il y aurait bien un vote le 26 octobre. L’opposition, elle, demande un démantèlement de la commission électorale, la nomination d’autres dirigeants et l’organisation d’un nouveau scrutin dans les quatre-vingt-dix jours. De son côté, la commission électorale s’est réunie dans la journée de mercredi mais rien n’a filtré des décisions prises lors de ces rencontres. Il semble dorénavant probable que l’opposition, le parti du président, Uhuru Kenyatta, et la commission électorale s’affrontent de nouveau devant la justice.

Article publié et mis en ligne par berger-media.info
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