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Politique

Matata Ponyo prolonge l’état de grâce de 100 jours
Écrit par Berger Media - Publié le 04/06/2012
  

C’est dans 100 jours qu’il faudra juger l’action du Premier ministre sur les 6 domaines prioritaires qu’il s’est assignés lors de la présentation de son gouvernement à l’Assemblée nationale. C’est la lecture que les analystes ont fait du point de presse d’Augustin Matata Ponyo, le samedi 2 juin à Kinshasa.

Il a profité de cette opportunité pour annoncer qu’il focalisait tous les efforts de son gouvernement sur la mise en œuvre de son programme. Ce dernier vise des objectifs à atteindre d’ici à 2016. Ainsi, dans les 100 jours qui suivent, non plus à compter de l’investiture de son gouvernement par l’Assemblée nationale, Matata tient à réaliser, à court terme, un programme dans 6 domaines du secteur public. La feuille de route du gouvernement concerne six secteurs : de la gestion du budget et des finances, de la défense et de la sécurité, de la politique, diplomatique et judiciaire, de la modernisation des infrastructures de base, économique et de la gestion des ressources naturelles, du social et de l’amélioration des conditions de vie des populations.
Face à l’insécurité qui règne dans l’Est de la République, où depuis avril des combats opposent les Forces armées de la RDC (FARDC) à des déserteurs, causant le déplacement de dizaines de milliers des habitants, Matata a affirmé que son gouvernement s’attelait à rétablir la paix dans les zones affectées. Pour lui, il compte fonder sa politique sur la maîtrise des effectifs  de l’armée de la bonne gouvernance dans ce secteur.
Le premier ministre a projeté également la poursuite des réformes des institutions de la République en vue de renforcer l’efficacité de l’Etat. Il a promis de consolider la stabilité du cadre macroéconomique et relancer la croissance et la création de l’emploi, sans mettre de côté la construction et la modernisation des infrastructures de base. Il a ajouté l’amélioration des conditions de vies des populations, à travers par exemple un meilleur approvisionnement en eau potable et l’amélioration de la qualité de desserte en électricité. Le transport en commun est  pris en compte dans sa feuille de route, malgré la difficulté à mettre en œuvre pareil programme. L’Etat manque de bus, mais cela ne l’empêchera pas de réprimer les conducteurs de bus de transport en commun privés pour leur conduite débridée. Ce qui fait croire qu’il n’a pas été intimidé la grève des transporteurs consécutive à une première répression en mai 2012. Mais l’Etat a amorcé un ‘‘processus d’appel d’offre pour l’acquisition de bus a déjà été lancé’’, a-t-il annoncé. ‘‘Nous ne voulons pas tomber dans le piège d’hier ou d’avant-hier, celui d’acheter des bus que l’on ne pourra utiliser que pendant  deux mois’’, a prévenu Matata.
Il a mis chaque ministre devant ses responsabilités face à la nation toute entière par rapport aux actions de son ministère. Il a annoncé qu’une évaluation soit effectuée au bout d’une certaine échéance.
La situation sociale en RDC frôle la catastrophe. Tous les indices macroéconomiques sont au rouge, a déploré le Premier ministre dans son discours d’investiture au Palais du peuple, il y a tout juste un mois. Que sont devenues les victoires dont se targuait son prédécesseur lors de la campagne électorale en octobre-novembre 2011 ? Matata implore la grâce de l’opinion afin d’obtenir 100 jours supplémentaires avant d’être jugé sur son action. Mais des sceptiques deviennent de plus en plus nombreux sur un certain éclairci d’ici la fin de l’état de grâce. Ils basent leur argumentaire sur le système qui s’est profondément enraciné en RDC et qui fonctionne sur sous le régime de la corruption. Et pour l’un d’eux, l’eau ne prend que la couleur du récipient qui le contient. Matata est appelé à la résistance… ce qui n’est pas si sûre dans un tel contexte !
Emmanuel Makila

Article publié et mis en ligne par berger-media.info
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