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Politique

RDC – Gouvernement : L’impossible challenge de Matata Ponyo
Écrit par Berger Media - Publié le 02/05/2012
  

02/05/2012‘‘Il y a peu de chance que le gouvernement formé par Matata Ponyo survive à la rue à la rentrée, tellement que les défis à relever sont énormes’’. Cette analyse d’un observateur attitré de l’espace politique congolais traduit les immenses attentes de la population. Pour cet analyste qui parle sous le sceau de l’anonymat, la première priorité du gouvernement est justement de se fixer une priorité.

AMPC’est dans le secteur du social que le challenge parait impossible. Selon les indices macroéconomiques publiés par la Banque centrale, l’inflation est stabilisée à 15%, les réserves en devise sont suffisantes pour trois semaines d’importation, etc. Mais sur le terrain, la consommation des ménages poursuit son effritement, le taux de chômage est des plus dramatiques, surtout dans les rangs des jeunes, la justice sociale de plus en plus absente et la confiance des ménages au plus bas.

Composé en majeure partie des technocrates, illustrés par Augustin Matata Ponyo lui-même et son vice-Premier ministre en charge du Budget, Daniel Mukoko Samba (un ancien du PNUD et de l’ONU/Habitat), le nouveau gouvernement veut relever les défis, étape par étape. Daniel Mukoko, qui a autrefois enseigné l’Histoire économique du Congo était, pour tous ceux qui l’ont connu, destiné  inexorablement à une haute charge de l’Etat. Comme Matata, Daniel Mukoko est un travailleur invétéré.  Seulement, le gouvernement est appelé à initier des décisions impopulaires qui déboucheraient sur un changement. Et pour y parvenir, il faut la confiance des partenaires, au premier plan desquels est justement cette population qui ne croit plus à rien.

Les hommes de Matata

Matata a décidé de réarmer la confiance de la population, mais aura choisi le moindre mal en la personne de Mende Omalanga pour amorcer ce brassage dans le cadre de l’‘‘Initiation à la nouvelle citoyenneté’’. Quel taux d’écoute bénéficiera-t-il de la part de cette population aujourd’hui totalement résignée après des promesses non tenues dont Mende s’était justement fait le porte-parole.
En effet, Matata compte sur la participation de chaque citoyen, notamment en ce qui concerne les impôts, principalement la Taxe sur la valeur ajoutée. L’objectif est de maximiser les recettes de l’Etat en vue de se doter des moyens de sa politique. Que peut-on faire sans confiance ?

Matata peut au moins se tourner vers les recettes minières, confiées à un autre technocrate expérimenté, Martin Kabwelulu qui vient de terminer un mandat complet de 5 ans à la tête du ministère des Mines. Tout est presque mis en place pour permettre aux ressources minières de financer le développement de la RDC. Patrick Kitebi Kibol Mvul, autre technocrate fera le relais entre le Premier ministre qui garde ses prérogatives au ministère des Finances et le ministère. Peu connu dans la sphère politique rdcongolais, cet ancien chargé des Projets et des Programmes au ministère des Finances a fait ses preuves lors du Caucus africain (grand messe des gouverneurs des banques centrales et des ministres des Finances d’Afrique en août 2011) dont il a été le maître de jeu. Très compétent, à en croire Lamy Lamiel, ordonnateur délégué du Gouvernement, Kitebi est à même d’établir avec brio ce relais. Et pour mettre en œuvre le programme de gouvernement du Chef de l’Etat, Matata a confié à l’UCP Célestin Vunabandi le ministère du Plan et Suivi de mise en œuvre de la Révolution de la modernité. A l’exécution de cet ambitieux programme, Fridolin Kasweshi qui ajoute l’Aménagement du territoire, l’Urbanisme et Habitat à son ancienne charge des Infrastructures, Travaux publics et Reconstruction. Un  autre défi du gouvernement est l’organisation du XIVème sommet de la Francophonie. AMP compte sur Raymond Tshibanda Ntungamulongo qui change de fauteuil et se charge des Affaires étrangères, Coopération internationale et Francophonie, et au Transport et Voies de communication sur Justin Kalumba Mwana Ngongo.

Pour relancer l’Agriculture,  la charge de ce ministère couplé avec le Développement rural est confiée à Jean-Chrysostome Vahamwiti, l’ancien ADGA de la SOKIMO. L’ancien président de la Société civile et président de l’AFDC, Modeste Bahati Lukwebo qui vient de réaliser un passage éclair à l’Assemblée nationale hérite du méga-ministère de l’Emploi, Travail et Prévoyance sociale avec de nombreux défis tels que l’épineuse question de l’emploi des jeunes, de la retraire des séniors, du chômage mais surtout des conflits de travail très souvent réglés au profit du plus offrant (employeur). Et pour booster les entreprises publiques ruinées avec une réforme calamiteuse, Louise Munga revient aux affaires. Cette ancienne ministre des Postes et Télécommunications remplace Jeannine Mabunda qui a mené ‘‘de manière cavalière’’, selon un analyste, cette réforme au ministère du Portefeuille. Maker Mwangu qui plante ses racines au ministère de l’Enseignement primaire a été rappelé pour parachever son œuvre à la base de la formation de la jeunesse.  A l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, Richard Muyej Mangez (ancien des Relations avec le parlement), à l’Economie et Commerce, Jean-Paul Nemoyato (transfuge (sic) de la CDC de Kiakwama), aux Ressources hydrauliques et électricité, Bruno Kapanji Kalala sont cités eux aussi dans cette aventure.

Alea jacta est, dit le sage. Les dés sont déjà jetés. Le Congolais du commun, à qui on ne demande d’ailleurs rien, va entrer dans un nouveau cycle de sacrifices, à se serrer la ceinture au point de se couper en deux… ‘‘Pourvu que cela porte’’, a conclu avec amertume un analyste du piètre gotha politique congolais qui craint que Matata n’ait tous les leviers entre les mains, même s’il réussissait un bon montage financier de USD 15 milliards pour son budget, lui le meilleur interlocuteur actuel des institutions de Bretton Wood. 
Emmanuel Makila

Article publié et mis en ligne par berger-media.info
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