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Société

La Corruption ; Cette vielle belle prostituée
Écrit par Berger Media - Publié le 26/09/2017
  

Toutes les civilisations l’ont connue. Personne ou rien ne sait, jusqu’à ce jour encore, lui échapper, pas même les prétendues grandes démocraties de ce monde pourtant solidement installées depuis des siècles, ou encore les plus raffinées des civilisations à la connaissance des hommes.

Elle les a connus tous, on peut lire sur la liste tenue dans son carnet intime quelques noms…des Chefs d’Etat y ont succombé, du Brésil en Amérique latine à la Corée du Sud en Asie, des prestigieux dirigeants et managers n’y ont non plus point échappé,…de la téléphonie mobile Samsung à la Fédération Internationale de Football Association en Suisse,…ce qui avait crevé tous les écrans du monde au point d’ébranler le sport le plus prestigieux de la planète, en passant par les récents jeux olympiques de Rio de Janeiro au Brésil où on a assisté à l’arrestation pour le moins spectaculaire de l’un des agents haut placé de l’organisation, Même pas les très prestigieuses familles royales, notamment à l’Espagne avec l’affaire qui a frôlé la dignité de la cour royale en immolant le mari de la sœur de sa majesté, la Hongrie où le premier ministre a dû finalement jeter l’éponge de suite à des manifestations monstres engagées contre la proposition d’une loi atténuant les peines liées à un délit de corruption, la France où finalement la classe politique se trouve à la veille des élections plongée dans une sorte de grosse marmite d’une potion magique, plaçant les candidats dans une situation on ne peut plus complexe et délicate,….. la liste est sûrement non exhaustive.

Dans sa pratique, la corruption agit comme cette vieille très belle prostituée que tout le monde ou presque fréquente si bien que très souvent ses victimes se retrouvent toutes et partout dans presqu’une même situation d’« embarras ».

La corruption déploie son charme à tout le monde, seuls les élus pour qui l’honneur n’a pas de prix résistent et deviennent de facto ses bourreaux.

La corruption est un fléau qui effraie et à juste titre, car ses conséquences sont souvent catastrophiques. Les plus avertis des peuples en ont déjà pris les mesures et tentent par tous les moyens à la combattre. Le but de la bataille étant de sauvegarder à tout prix l’intégrité des institutions et par-dessus tout l’intégrité morale des populations.

Qui combat la corruption en RDC ?

L’on se souviendra d’une des interviews de l’ancien Maréchal du Zaïre, dans laquelle, répondant à une question de la presse occidentale dans sa luxueuse demeure de KAWELE dans l’ancienne province de l’Equateur, disait sans broncher s’agissant de la corruption que le mot « corruption » était bien en Langue française. Et il n’avait sans doute pas tort.

Cependant, il semble qu’à la différence des autres victimes de la corruption qui se comptent par milliers sous d’autres cieux parmi la classe des privilégiés, la vielle prostituée a, dans notre pays la République Démocratique du Congo, séduit toutes les couches de la population au point qu’il est désormais difficile de distinguer les effets de sa séduction d’une vie normale. Cette situation est certes dangereuse, car elle mine toutes les initiatives tendant à remettre à la normale les choses. Lutter contre la corruption est rapidement perçu comme un coup d’épée dans l’eau, car la corruption est presque devenue un problème culturel, ancré de manière innocente dans la mentalité de la population au point de devenir un « second » mode de vie.

En effet, la pratique de la corruption se décline en plusieurs petites expressions qui sont profondément incrustées dans le langage quotidien de plusieurs Congolais et Kinois en particulier : simba ngai, mwa chweké, lomba ngai, solola, madesu ya bana, kanyaka, loba, bana bazo lia te, fongwama…etc, la catégorie plus éclairée opère sous les termes plus élégants tels que cadeau, présent etc. Généralement plus vulgairement on peut oser traduire ces petits mots mignons en : touche moi, quelque chose, paie moi, négocie, le haricot des enfants, sous table, parle, les enfants ne mangent pas, ouvre- toi…sans s’en apercevoir, les gens sont peu à peu entrain de remodeler leurs valeurs culturelles au point de se créer un espace parallèle de vie dans la société, où le mal n’est plus perçu comme tel, mais plutôt comme une simple habitude.

C’est sans doute là le degré le plus dangereux que l’on peut craindre de l’impact de la corruption dans une société, car il y a un risque permanent qui s’installe désormais au niveau de toutes nos institutions. La vielle prostituée a fini par détruire les mœurs dans toute notre société et ouvre grandement les portes aux pandémies de toute sorte : le renoncement à la loyauté, l’insécurité à nos frontières, l’insécurité dans nos assiettes car le contrôle se monnaie moyennant un chweké, explosion de la fraude à la douane privant le trésor des recettes nécessaires et indispensable au gouvernement pour réaliser son programme, faiblesse des institutions avec le point d’orgue une justice à la sauvette, la baisse du niveau d’enseignement avec le phénomène des points sexuellement transmissibles, l’enracinement d’une pauvreté généralisée….etc.

Au final, on se trouve en présence d’une société sans foi ni loi où les plus « pieux » invoquent l’intervention de la puissance divine. Un aveu d’impuissance devant ce mal universel, qu’est la vielle prostituée et qui a fini par corrompre pratiquement toutes les mœurs. On se retrouve dans une situation telle que l’économie du pays, du reste totalement exsangue, ne saura profiter qu’aux plus puissants ; au détriment bien entendu de la grande majorité des citoyens, car n’étant régie que par des pratiques prohibées ou des attouchements(…) en lieu et place des normes et règlementations issues des institutions de la République.

En effet, comment devrait- on espérer par exemple être en sécurité à nos frontières ? Leur perméabilité que l’on fustige tant ne serait-elle pas la conséquence directe des effets de la corruption ? L’insécurité alimentaire dans nos assiettes, la qualité des produits pharmaceutiques que nous consommons etc, le délabrement de nos voiries urbaines et même de plusieurs infrastructures surtout d’utilité publique et financées directement par le trésor, la dégradation des services publics, etc. comment peut-on expliquer la présence sur le boulevard du 30 juin, à la hauteur du grand bâtiment de la Poste, de plus d’une section des policiers de roulage ? Quelle image, quel message ? Ceci expliquant cela, est-ce la raison pour laquelle les feux de signalisation ne sont pas réparés à ces endroits ? Voilà par exemple une illustration banale d’une situation « anormale » qui devient « normale » à l’indifférence générale. C’est justement cet autre « nouveau » mode de vie auquel la société s’adapte dans une insouciance complice qui suscite à des moments le sentiment populaire d’un certain abandon de la part du pouvoir,…

 

L’effort de nous développer et de hisser notre cher et beau pays au rang des pays respectables devrait absolument passer par la mise en place d’un système efficace de lutte contre la corruption sous toutes ses formes et à tous les niveaux. Vu l’ampleur de l’impact de ce fléau sur toute la population congolaise, il est absolument nécessaire que les mesures institutionnelles soient rapidement prises ou davantage renforcées pour celles qui existent déjà, notamment à la Présidence de la République, au risque de voir tous les efforts à consentir par le gouvernement pour améliorer le niveau de vie des citoyens congolais annihilés par la séduction malicieuse de cette vielle très belle prostituée qu’est la corruption. Il y va de la survie même notre Etat.Laurick LOMBO.

Article publié et mis en ligne par berger-media.info
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