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Société

RD Congo : Une manifestation pacifique de l’opposition transformée en tuerie et pillage à Kinshasa.
Écrit par Berger Media - Publié le 19/09/2016
     

Une manifestation pacifique de l’opposition, pourtant autorisée a été transformée en affrontement entre les manifestants et la police. Des actes de pillage et de vandalisme dans la ville de Kinshasa. La police congolaise a dispersé des centaines de partisans de l'opposition qui leur lançaient des pierres. Au moins trois policiers et 14 civils ont été tués dans les violences selon le ministre de l'Intérieur.

 

Au moins trois policiers et 14 civils ont été tués dans des violences survenues avant une manifestation d'opposition hostile au président congolais Joseph Kabila, selon le ministre de l'Intérieur. Les autorités ont annoncé l'annulation du rassemblement.

"La situation a été extrêmement tendue toute la matinée, ici dans la capitale", résume Thomas Nicolon, correspondant France 24 à Kinshasa.

 

Faisant état de plusieurs pillages ou incendies criminels visant des cibles politiques, Lambert Mende, porte-parole du gouvernement congolais, a accusé l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), le principal parti de l'opposition, d'être à l'origine de ces violences.

 

Un peu plus tôt, sur une grande artère du centre de la capitale de la République démocratique du Congo (RDC), des affrontements similaires avaient mis aux prises les forces de l'ordre et quelques dizaines de manifestants lançant en français ou en lingala des "Kabila dégage !" ou "Kabila akende !".

 

Au milieu des effluves roses des gaz tirés par les forces de l'ordre, émergeaient des drapeaux blanc et bleu de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), le parti d'Étienne Tshisekedi, figure historique de l'opposition congolaise. Avant les affrontements, des journalistes de l'AFP ont vu un minibus et une voiture incendiés à Limete, le quartier du siège de l'UDPS, dans le centre-ouest de Kinshasa.

À l'échangeur de Limete, point de départ de la manifestation censée commencer en début d’après-midi, des manifestants ont mis le feu à une affiche montrant un portrait géant du président appelant au "dialogue" pour surmonter la crise politique que traverse le pays depuis sa réélection contestée en novembre 2011.

 

Sur le boulevard Lumumba, la grande artère de Limete, plusieurs pneus ont été incendiés sur la chaussée en divers endroits et des jeunes filtraient les rares voitures qui circulaient, ne laissant passer que les journalistes.

 

De source diplomatique, on signalait aussi des échauffourées plus au sud en "divers endroits" sur la route menant à l'aéroport.

 

Refus du "dialogue national"

 

Réuni autour d’Étienne Tshisekedi, un "Rassemblement" des principaux partis d'opposition a appelé à manifester lundi dans toute la RDC pour rappeler à Joseph Kabila que son mandat s'achève le 20 décembre et exiger la convocation de la présidentielle censée avoir lieu avant cette date.

 

Arrivé au pouvoir en 2001 après l'assassinat de son père Laurent-Désiré Kabila, Joseph Kabila est âgé de 45 ans. La Constitution congolaise lui interdit de se représenter mais il ne donne aucun signe de vouloir quitter le pouvoir.

 

Alors que la présidentielle apparaît impossible à tenir dans les temps, le "Rassemblement" constitué autour d’Étienne Tshisekedi refuse le "dialogue national" en cours à Kinshasa entre la majorité et une partie de l'opposition. Ce forum est censé déboucher sur un "accord politique" de sortie de crise et ouvrir la voie à des élections "apaisées" mais retardées.

 

Il devait s'achever samedi, mais les négociateurs ne sont pas encore parvenus à s'entendre sur tous les points à l'ordre du jour, et le travail sur le calendrier des élections devait reprendre lundi à Kinshasa.

 

Kinshasa, ville morte

 

Mégapole de 10 millions d'habitants habitués aux violences à caractère politique, Kinshasa avait des airs de ville morte lundi. Dans plusieurs quartiers, les écoles étaient désertées par les élèves, les parents préférant les garder à la maison. De nombreuses boutiques étaient fermées, la circulation était presque inexistante. Faute de clients, quelques taxis cassaient leur prix.

 

Une atmosphère semblable régnait à Lubumbashi, la deuxième ville du pays, dans le sud-est, où des soldats sont venus renforcer en masse la police autour des principaux bâtiments publics et dans les quartiers réputés acquis à l'opposition.

 

Alors que toute manifestation était interdite, le gouverneur provincial, Jean-Claude Kasembe, a appelé la population à vaquer "librement" à ses occupations habituelles, mais les habitants semblent avoir fait majoritairement le choix de rester chez eux.

 

À Bukavu, dans l'est du pays, quelque 300 personnes manifestaient à la mi-journée pour demander le "respect de la Constitution" avec des urnes en toile pour dire que la tenue de la présidentielle dans le délai est encore possible, selon le correspondant local de l'AFP.

 

Avec AFP

Article publié et mis en ligne par berger-media.info
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