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Musique

Pépé Ndombe a tiré sa révérence
Écrit par Berger Media - Publié le 30/05/2012
  

A 68 ans, il n’a pas pu résister à l’attaque cardiaque qui l’a foudroyé jeudi 24 mai dans la soirée à Kinshasa. Il a tiré sa révérence, laissant derrière lui une œuvre monumentale qui a contribué à rehaussé la valeur anthologique de la musique congolaise sur la scène africaine.

PNOSon palmarès est des plus élogieux, avec son chef d’œuvre Hortense (1970), des ballades de la trempe de Kimakango pe libala, Christina, Mado, empreintes de la touche de Tabu Ley, sans oublier des chansons qui ont fait le beau temps du TP OK Jazz de Franco Lwambo Makiadi à l’image de ‘‘Héritier Mashata’’, ‘‘Esakola’’, ‘‘Djenny’’, ‘‘Youyou’’, ‘‘Mawe’’, ''Masha Masha'' (Mokolo na kokufa ekozala bongo dans lequel il parlait de sa mort et de toute les scènes autour), prélude au sort que le destin lui a réservé.

Les mélomanes ont été frappés d’émoi, dans leur attente de son prochain opus, ‘‘Tendresse’’, que cet ancien conseiller du ministre de la Culture et Art dans le gouvernement Muzito I et II (Esdras Kambale et Jeannette Kavira) avait annoncé pour très bientôt. Selon de nombreux critiques qui ont eu le bonheur d’auditionner ce qui sera sa signature posthume, ‘‘Tendresse’’ fera tabac. Lutumba Simarro, le président de Bana Ok dans lequel il évoluait comme Vice-président, est resté inconsolable, lorsque notre rédaction l’a joint au lendemain de cette tragique disparition. Pour le Poète conforté dans ce qu’il a toujours écrit dans ses chansons, la vie ressemble à un voyage à bord d’un bateau et à chaque port, à la montée comme à la descente, des passagers quittent le navire, chacun lorsqu’il arrive à son port.


La naissance d'une star

La vie de Pépé Ndombe s’apparente à un vaste roman écrit de succès avec les femmes qui l’adulaient mais surtout l’ont souvent trahi lui le saltimbanque qui caressaient des cœurs sans chercher à en attendre quoi que se soit en retour. Oui, les femmes, à n’en point compté, Ndombe les a connues de toutes les carrures et de toutes les beautés. Né le 21 février 1944 de Basile Ndombe et Técla Ngabala Tekele à Bagata dans le Bandundu, l'artiste disposait déjà des talents qui le prédestinaient à une carrière nourrie. Sous la garde des parents intransigeants sur l’éducation de leur progéniture, Ndombe peine à les convaincre de sa passion pour l’aventure musicale. A 21 ans, il est engagé au Plan et Coordination chargée de la rémunération des fonctionnaires, à Kikwit, dans le Bandundu.

A ses heures perdues, dans cette ville chaude et mouvementé, il rejoint des amis qui jouent dans l'orchestre ''Select Jazz'' de Gaston Mokulu. Ce qui n’était qu’un hobby se transformera en profession. En vacance à Kinshasa, Ndombe Opetun est sollicité par Rochereau par l'entremise de son cousin. C’est une aubaine pour le monument vivant de la musique congolaise qui vient de perdre quelques années plus tard, ses plus précieux lieutenants, notamment Sam Mangwana de recruter le jeune talent. Aubaine également pour Ndombe qui va désormais jouer sur une même scène que son idole, Tabu Ley.  L’apogée dans cette belle aventure fut l’Olympia de Bruno Coquatrix (Paris, France), devant un public d’Européens qui découvre pour la première fois un groupe musical de l’Afrique subsaharienne. Les tubes de Ndombe ‘‘Lemico jugé'', ''Paulina'', ''Libala ya maloba'' y sont interprétés.
De retour au pays, Ndombe, offusqué par la gabegie financière au sein de l’orchestre quitte, la mort dans l’âme, son mentor, pour créer avec les ‘‘dissidents’’ (Djo Wawangu, le drummeur Seskain Molenga) l’orchestre Afrisam puis Makina Loka. L’aventure est de courte durée, malgré quelques tubes à succès.

Le groupe est dilué dans l’OK Jazz de Grand Maître Luambo Makiadi. Ndombe renoue avec le succès jusqu’à un certain jour de l’année 1982 où, avec Sam Mangwana, Empompo Loway et autres décident de créer ‘‘Tiers monde Coopération’’, un mouvement de révolte à l’endroit des apparatchiks de la musique congolaise qui n’étaient autres, à l’époque, que Tabu Ley et Lwambo Makiadi. Encore une fois, l’affaire fit long feu. Ndombe et quelques uns de ses amis réintégrèrent l’OK Jazz jusqu’en 1989, à la mort de Franco Lwambo Makiadi. Les péripéties qui ont entouré la mort de Grand Maître Franco les poussèrent à créer Bana Ok avec l’autre monument de la musique congolaise, Lutumba Simarro Masiya.

C’était le départ d’une nouvelle vie que Ndombe vient de quitter aujourd’hui. Il y est mort, l’arme à l’épaule.

Emmanuel Makila/bmi

Article publié et mis en ligne par berger-media.info
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