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Culture

Myriam Basosila Mbewa a présenté son livre ‘‘Le voyage de Disasi Makulo’’
Écrit par Berger Media - Publié le 03/12/2014
  

Le 03 décembre 2014.- Le Centre Wallonie-Bruxelles de Kinshasa a vécu une atmosphère particulière mardi 2 décembre avec la présentation de l’ouvrage ‘‘Le voyage de Disasi Makulo’’ de Myriam Basosila Mbewa. La cérémonie a été rehaussé de la présence remarquable du professeur Daniel Mukoko Samba, Vice-Premier ministre et ministre du Budget, qui a porté l’ouvrage sur fonds baptismaux.  ‘Heureux qui, comme Disasi Makulo, a fait un long voyage, long, pénible et malgré tout bénéfique, oui, un très long voyage de Yalemba à Londres, en passant par Kinshasa et Matadi, un voyage qui a duré plus de trente ans, un voyage qui lui a donné de savoir griffonner des traits de lettres et consigner dans son carnet de voyage, avec son écriture frêle, un brin d’histoire de sa famille’’, a lancé l’auteure, dans son mot de présentation.

En effet, dans cet ouvrage, Myriam Mbewa décrit comment on vivait à Yalemba, le village des parents de Disasi Makulo, avant l’arrivée des marchands d’esclaves, comment Disasi Makulo a été capturé, comment a-t-il survécu face à la violence reconnue des marchands d’esclaves dirigés à cette époque par l’arabo-musulman, nommé Tippo-Tip, comment a-t-il été racheté par des missionnaires de Baptiste (BMS), et pourquoi Georges Grenfell l’avait-il amené jusqu’à Londres ? Dans cet œuvre de 120 pages, Myriam Basosila Mbewa retrace les pas de son grand-père Disasi Makulo, capturé à neuf ans, victime d’un rapt d’esclavagistes venus du Moyen-Orient, alors qu’il voulait changer d’air, de son village pour celui où vivait sa tante. Malgré la souffrance, Disasi Makulo a su transformé sa douleur en une chance. Car, disait-il, ‘‘telle était la volonté de Dieu’’.

 

Vie d’infortune d’un enfant

 

Disasi Makilo n’aura désormais aucune maîtrise de son avenir. Et au gré de l’humeur de ses maîtres, il va devenir une marchandise qu’on va plusieurs fois échanger avec du numéraire, puis une bête de somme qui doit exécuter des travaux forcés. Ses maîtres comprennent tout sauf qu’il doit rentrer chez ses parents. Ses larmes renforcent par contre leur conviction de le garder car chacun projette différentes ambitions sur lui. Disasi passera entre les mains de plusieurs maîtres, le violent qui réalise le kidnapping, Stanley le journaliste-explorateur qui lui donne les premières leçons d’écriture, Swinburne qui, outre l’évangélisation, l’utilise pour construire la station de Kinshasa. Mais ce dernier, éreinté par le dur labeur, meurt entre les mains de son esclave et son compagnon d’infortune, Mafuta, chargés tous deux de le ramener sur Matadi où il doit embarquer pour des soins à Londres. Les deux jeunes hommes effectueront le reste du voyage sans lui, enterré à Matadi. Ce sera également le début d’une nouvelle aventure avec un nouveau maître chez qui leur fidélité au premier les a menés : Grenfeld. C’est le missionnaire qui reprendra le flambeau non éteint de Swinburne.

 

Le retour au Congo après des mois de froid à Londres signe le début d’une ère nouvelle, pleine de labeur et de découvertes, de redécouverte même, car Disasi Makulo et Mafuta retrouveront leur villages. Et la suite est à lire dans un ouvrage qui, une fois ouverte, ne pourra pas être déposé tant qu’on n’en a pas maîtrisé l’intrigue.

 

Oui, l’histoire du Congo sera écrite par ses propres fils, comme l’a voulu Patrice Emery Lumumba, sans passion, mais retraçant avec objectivité les faits sans en cacher d’autres. En effet, plus qu’un récit, ce livre raconte une histoire, un pan de l’histoire du pays. Comme tout livre, il invite à la lecture, une lecture de proximité. Il appelle également à la réflexion.

 

L’Africain, dit-on, emporte avec lui dans sa tombe ses secrets, lesquels peuvent être utiles à sa progéniture. Disasi n’est pas allé à l’école par sa volonté mais par celle du destin. ‘‘Cette histoire, qui a été certifiée par plusieurs sources ou par des bribes d’écrits retraçant le premier contact du bassin du Congo avec la civilisation occidentale, lui a été racontée par sa mère, Winnie-Gretta Makulo, fille de Disasi Makulo, qui l’a reçue, à son tour de son héros de père, souffre-douleur d’un système hideux dont il est ni de près ni de loin associé.

 

Disasi Makulo, dans ses pérégrinations d’esclave à vau-l’eau, à la merci d’un maître ou d’un autre, a appris l’usage de l’écriture à travers de laquelle il consignera son infortune, ses ‘‘mémoires’’. Et Myriam Mbewa, qui a longtemps usé sa jupe sur les bancs de l’école occidentale jusqu’au plus haut niveau a réussi les anagrammes les plus parfaits, les combinaisons les plus adéquates pour conter cette terrible histoire’’, a indiqué le journaliste Emmanuel Makila, rédacteur en chef du bihebdomadaire L’Objectif, qui a présenté l’auteure dans le cadre de la cérémonie. ‘‘Un mot est mort quand il est dit, il vit lorsqu’il est écrit, pensait Emily DICKINSON’’, a énoncé Myriam Mbewa.

 

Who’s who

 

Née à Kisangani, cette fille de médecin, Docteur François-Xavier Basosila plus connu dans la ville martyre sous le sobriquet de Debasso, a réussi un parcours atypique. Ne dit-on jamais que le journalisme mène à tout ?  Et ce n’est pas madame Michaëlle Jean qui va nous contredire, la présentatrice vedette de Radio-Canada devenu tour à tour Gouverneure générale du Canada puis première femme Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Assistante de gestion à la SGAssistance à St-Herblain en France depuis 2009, Myriam Basosila Mbewa n’a jamais quitté sa passionnante carrière dans les médias qu’elle exerce en tant que rédactrice du site www.berger-media.info,  mis en ligne dès 2008. En 1997 elle fut stagiaire réalisatrice d’émission WDR à Cologne en Allemagne fédéral (RFA), après un stage à la Radio télévision nationale congolaise (RTNC), OZRT à l’époque, à Kinshasa en RDC (de 1991 à 1992) et ses études à l’Institut des sciences et techniques de l’Information, ISTI, aujourd’hui IFASIC.

Elle aime la cuisine, l’écriture, la lecture, et la musique. Elle a d’ailleurs produit un somptueux coffret CD-DVD de son album ‘‘Tu m’as appelé’’. Enfin, et encore une fois, comme Michaëlle Jean, Myriam Basosila Mbewa s’exprime parfaitement en cinq langues : l’Allemand, le français, le lingala, le kikongo et tout naturellement le swahili.

Appel à la générosité

 

Ce qui reste de l’ouvrage des mains de Disasi Makulo à Yalemba où il s’est installé après son long voyage n’est plus que champ de ruine, et sauf l’intervention de certaines ONG sur l’école primaire, le dispensaire, les classes de secondaire sont méconnaissables. C’est ainsi que l’ouvrage Le voyage de Disasi Makulo est une sorte d’interpellation pour toute personne de bonne volonté, de la Province Orientale ou non, du district de Basoko ou non, du secteur de Yalemba ou non, mais tout celui qui comprend les conséquences d’un déficit d’instruction pour une région, un pays, un continent. C’est ainsi qu’elle a jugé de reverser les intérêts de la vente de cette œuvre comme sa modeste contribution à la reconstruction de classes de secondaire, du dispensaire et de l’église. ‘‘La seule façon de lui rendre des hommages était donc de soutenir et poursuivre son œuvre… Je tiens à remercier également et plus particulièrement pour sa présence encourageante et son patronage de l’événement Son Excellence le vice-premier ministre, le professeur Daniel Mukoko Samba’’, a-t-elle lancé avant le baptême du livre.

 

Daniel Mukoko Samba s’est émerveillé de cet ouvrage, de ce que Myriam Basosila Mbewa a participé à écrire quelques lignes de l’histoire de la RDC. Il a déclaré encourager toutes les initiatives dans ce sens, ce qui a justifié sa présence à cet évènement qu’il a d’ailleurs parrainé.

Il sied de noter que la cérémonie a été modérée par Serge Kalubi, animateur à la RTNC et agrémentée par le groupe Kitro Music.

Berger-média                       

 

 

 

 

Article publié et mis en ligne par berger-media.info
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